Modèles, de Pauline Bureau

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Je poursuis ma saison 2014-2015 au  théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, avec Modèles, de Pauline Bureau et la Compagnie La Part des Anges. Un spectacle créé en 2011 à Montreuil.

Le spectacle: cinq jeunes femmes (Sabrina Baldassarra, Laure Calamy, Sonia Floire, Gaëlle Hausermann, Marie Nicolle ) et un musicien (Vincent Hulot) sur scène, encadrées par Pauline Bureau, sur un texte collectif (les mêmes plus Benoîte Bureau, Sophie Neveux, Emmanuelle Roy, Alice Touvet) et avec des vidéos des mêmes actrices recréant des interviews de Pierre Bourdieu, Marie Darrieussecq, Virginie Despentes, Marguerite Duras, Catherine Millet, Virginia Woolf. Plus quelques mannequins de cire sur les côtés. Elles racontent leur enfance dans les années quatre-vingts, les premières règles, la « première fois », l’avortement, la vie de femme entre boulot et tâches ménagères, etc.

Mon avis: l’ouverture du spectacle par la reconstitution d’une interview de Bourdieu m’a fait un peu peur, entrée en matière par un grand classique… Puis le rythme s’accélère, avec une alternance de saynètes, interviews et passages en musique.

Chacune peut se retrouver dans ces textes, visiblement beaucoup moins le monsieur qui était assis à ma gauche. Est-ce qu’il oublierait de laver son bol le matin, de faire les courses et de préparer le repas en s’occupant du bébé pour laisser le temps à sa femme de traiter les derniers dossiers urgents au bureau? Certains passages peuvent être crus (reconstitution d’une entrevue de Virginie Despentes sur un viol subi, les premières règles, etc.), mais avec un rythme soutenu, elles abordent tous les aspects de la vie d’une femme, y compris d’un point de vue idéologique (l’héritage des féministes, de mai 1968) ou intime (la brutalité du gynécologue et l’avortement incomplet). Pas de leçon de morale, juste des constats, chaque actrice retraçant la vie d’une femme à la personnalité très différente. Certains passages musicaux sont trop forts pour moi (oui, j’ai encore du mal à gérer le bruit), mais sinon, j’ai passé une excellente soirée! S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à y aller, avec Monsieur et les enfants (enfin, pas trop petits, les enfants)!

Pour rebondir, voir ou revoir Apocalypse bébé de Virginie Despentes et La douleur de Marguerite Duras, mise en scène de Patrice Chéreau, avec Dominique Blanc.

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