Livre du docteur Fauré sur le deuil après suicide

Aujourd’hui, ma mère aurait eu soixante-et-un ans. Elle s’est suicidée le 12 mars dernier (2007). En cette date naturellement difficile, je n’ai presque pas dormi cette nuit, j’aimerais partager avec vous un livre que j’ai lu il y a quelques semaines, du Dr Christophe Fauré, Après le suicide d’un proche, vivre le deuil et se reconstruire, aux éditions Albin Michel (2007, ISBN 978-2-226-16940-2). Dans cet ouvrage, il aborde les questions que je vis, comme 60000 personnes nouvelles chaque année, à savoir le choc, la recherche du pourquoi, la culpabilité, la colère, la longue phase de déstructuration dans laquelle je suis actuellement, la question des relations changées à autrui. Pour le dernier chapitre (phase de restructuration), je n’ai pas encore atteint cette étape… Un livre à lire absolument pour tous ceux qui vivent ce deuil particulier. Tout ce que l’on ressent y est abordé avec pudeur mais directement, sans cacher que le chemin vers un après plus serein sera long et difficile, avec de nombreuses phases de vécu dépressif pendant des années.

Ma mère s’est suicidée quelques jours après son soixantième anniversaire, sans que je puisse lui donner les cadeaux que j’avais prévu, à l’exception d’un livre original de chansons de Béranger, mais j’avais aussi prévu de lui donner lors de la fête prévue quelques semaines plus tard un classeur sur Béranger avec des textes de ses chansons, une discographie actuelle de chanteurs qui ont été inspiré par Béranger, des photos d’assiettes et de lieux parisiens autour de Béranger toujours et je lui avais cousu un petit âne.

22 réflexions au sujet de « Livre du docteur Fauré sur le deuil après suicide »

  1. Ines de Sinety

    je viens de lire votre commentaire à propos de votre dernière lecture : prenez du recul, la vie est ainsi faite la mort d’un proche (qui plus est sa propre mère !) semble insupportable mais chacun à une heure pour naître et pour mourir, c’était son destin, et vous ne pouvez vous sentir responsable

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  2. Ines de Sinety

    je viens de lire votre commentaire à propos de votre dernière lecture : prenez du recul, la vie est ainsi faite la mort d’un proche (qui plus est sa propre mère !) semble insupportable mais chacun à une heure pour naître et pour mourir, c’était son destin, et vous ne pouvez vous sentir responsable

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  3. Stéphane

    Bonjour Véronique,

    Je vais vous raconter une petite histoire si vous le voulez bien… Il était une fois, un jeune couple très heureux auquel tout semblait sourire. Vie de couple, belle situation, de grands projets qui se concrétisaient. Tout leur entourage les regardait et admirait le bonheur qui se lisait sur leurs visages.
    Un jour cependant la jeune femme fit une fausse couche et soudainement, décida de quitter l’homme avec qui elle devait se marier quelques semaines plus tard.
    Le jeune homme fut complètement perdu et effondré. En quelques semaines il perdit, femme, enfant, puis travail, amis, et maison.
    Sans obtenir d’explications, il  lui était impossible de comprendre pourquoi sa fiancée le quittait ainsi brutalement. Il s’enferma sur lui même dans la quête de « la vérité ».
    Pourquoi le quittait-elle ? N’était-elle pas heureuse comme il y paraissait ? Avait-elle un amant ou rencontré quelqu’un ? Pourquoi ne pas donner d’explications ? Était-il coupable de quelque chose ?
    Plus il se posait de questions, moins il y trouvait de réponse et plus il sombrait dans une dépression. Sur les conseils de quelques personnes, il décida de consulter des professionnels.
    Il en parlait certes mais rien n’y faisait… La douleur était toujours bien présente car il avait perdu à jamais la femme qu’il aimait.
    Le plus difficile encore était de ne pas savoir pourquoi, de ne pas comprendre.
    Une amie de longue date l’invita un soir à passer chez elle… Elle souhaitait sans doute lui rendre un vieux service en l’invitant à passer la soirée avec elle et son mari. Au cours de cette soirée le mari dit au jeune homme : « Écoute-moi bien…. Le jour où tu comprendras qu’il n’y a rien à comprendre, alors là, tu auras tout compris ! »
    Après 2 jours et 2 nuits, le jeune homme sourit et comprit !

    Peu importe la manière… Perdre une personne que l’on aime, une personne proche, est toujours très douloureux et cela surtout si la raison de ce départ n’est pas évidente.
    Je vous souhaite de comprendre très rapidement la phrase qui semble bien curieuse et énigmatique que le mari a tenté de formuler très simplement.

    Je vous souhaite beaucoup de bonheur à venir ainsi qu’une bonne continuation.

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  4. joelle

    bonjour,
    mon ami s’est suicidé le 16 juillet 2008 par pendaison. je l’avais quitté un mois et demi auparavant car il devenait incohérent et ne voulait pa se soigner. Meme après mon départ, je suis restée en contact avec lui, il détestait ce lien et à la fois il en avait besoin, comme moi d’ailleurs Nous avions 15 ans de vie commune. Un jour il a trouvé un site très intéressant pour lui m’a-t-il dit, un site qui expliquait ce qu’il fallait faire pour mettre fin à ses jours sans souffrir. moi,je n’avais qu’une idée: il faut qu’il se soigne. j’ai ameuté tout le monde, son psychiatre, l’assistant social, le SAMU…madame,s’il ne veut pas se soigner on ne peut rien faire!
    J’ai repris mon travail à temps complet ,il y a un mois, je suis aidée, entourée,des fois je crois être au bout du tunnel mais non, je suis encore dans la phase de destructuration. alors je pleure et j’attends patiemment l’éclaircie. Merci de m’avoir permis de m’exprimer. 

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  5. bertrand

    J’ ai 37 ans , mon père suisider quand j’avais 8 ans .Sa détruis ma vie jusqu’a maintenant ,je pense êtres encore dans la fase de déstruction (fuite cistématique, drogue ,je détruis tous les chose qui son bien pour moi)
    On peux rien ni faire ,il faut du temps!
    Je n’est jamais perdu espoire de m’en sortir si sa peut te rassurer.
    Le plus dur pour moi s’est de faire du mal aux gens qui veule vivre avec moi ,me faite pas ça!!       Bertrand

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  6. Béatrice

    Bonjour,

    C’est ma meilleure amie a qui j’ai parlé du livre que je suis en train de lire qui m’a indiqué ce blog. Je suis veuve depuis un peu plus de 2 mois maintenant mon mari ayant choisit de se pendre début novembre. Il en avait parlé bien entendu, mais comme le suicide était un sujet cyclique chez lui et que je l’ai toujours connu voyant la vie en noire, je n’ai pas donné suite à ses propos. Le chômage, le décès de son père, son mentor, la maladie d’Alzheimer de sa mère, ont très pobablement rendu au fil des années le tableau de plus en plus noir, jusqu’au jour où il a fabriqué sa corde pour se pendre un soir où je rentrai plus tard que d’habitude! je me suis demandé si mes réactions étaient des réactions d’une femme qui venait de perdre son mari et la lecture du livre du Docteur FAURE sur ce sujet m’a beaucoup aidé ainsi que mes filles qui ont compris certaines de mes réactions qui les avaient cependant choquées au début. Vivre aux cotés d’une personne dépressif ce n’est pas évident et il faut être passé par là pour le savoir. Et il est certain qu’un deuil dans ces circonstances c’est aussi une chose bizarre à vivre. Je suis apaisée, je dors maintenant d’un sommeil normal en ne prenant plus de comprimé, et je vois la vie d’une autre façon, mais j’ai envie de vivre! La lecture de ce livre m’a beaucoup aidé et je regrette même de ne pas l’avoir eu entre les mains plus tôt.

     

     

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  7. arts cor 83

    Moi c’est mon grand-père qui sait suicider, après presque 60 ans de mariage avec ma grand-mère, il y a 2 ans elle est décédée d’un cancer. Ne pouvant plus vivre sans elle, il l’a rejoint. C’est très douloureux de perdre un proche et surtout ta maman comme ça. C’est normal ensuite de se poser toutes sortes de questions, mais surtout ne pas culpabiliser, c’est l’erreur que j’ai faites lorsque mon père c’est pendu, j’ai mis 25 longues années à m’en remettre, me sentant responsable, alors que je ne l’étais pas du tout, c’était son choix à lui. Aujourd’hui j’ai tourné une page. Courage. Bisous. Chantal

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  8. pacmalou

    Ma mère s’est suicidée il y a 8 ans. Je me permets de laisser un commentaire sur votre blog (que j’ai trouvé par hasard sur internet en tapant « phase de déstructuration »). En effet, je viens d’achever le livre dont vous parlez. Je n’étais pas parvenue à me documenter jusqu’ici sur le sujet. Je m’y refusais… Je partage votre opinion. J’étais en quête de sens sur ma souffrance du moment et après l’avoir achevé, j’ai compris que j’étais en pleine phase de déstructuration. Car pendant toutes ces années je me suis appliquée à nier ma douleur, à la taire, à l’enfouir. Par pudeur, par peur d’effrayer autrui en ayant la certitude que nul ne comprendrait. Le Docteur FAURE n’évoque jamais la notion de « temps », car il n’y a pas de règle dans le processus de deuil. Chacun fait son chemin à son rythme. Je vous conseille de lire également en complément un ouvrage du même auteur « Vivre le deuil au jour le jour » ou bien encore « Le Deuil après suicide » aux éditions Esprit du temps. Enfin, je voudrais vous témoigner de mon admiration. J’ai moi-même un blog et je n’arrive pas à parler du suicide de maman. J’écris « à part ». Grâce à vous ce soir, j’ai découvert que je n’étais pas seule sur le chemin. Alors merci.

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    1. Véronique Dujardin

      Bonjour

      Je ne sais pas si vous repasserez sur mon blog, je n’ose pas laisser de message sur le vôtre… J’essayerai peut-être de vous envoyer un message ce week-end. La psychothérapie de soutien m’aide beaucoup, même si je dois faire moi-même le chemin (qui peut être long, j’ai bien compris) vers la restructuration.
      Bon courage à vous aussi.

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  9. pacmalou

    Bonsoir,

    Je me suis aperçue que vous aviez « visité » mon blog aujourd’hui. Je me suis donc permise de repassez sur le vôtre et je viens de lire votre réponse à mon commentaire du 10 mars dernier. Je vous en remercie.
    J’ai laissé une adresse mail si vous souhaitiez « échanger »…

    Bonne soirée.

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  10. Angelina

    Mon amoreux s’est suicidé il y’a 2 semaines, par pendaison. Je suis sous anti-dépresseurs et je suis une thérapie, depuis. Je comprend son geste, son désir de « disparaître » (puisque se suicider ce n’est pas tant vouloir mourir, c’est vouloir disparaître). Je ne lui en veux pas, je suis juste terriblement en manque de lui, dès fois je suis en colère, dès fois je me dis qu’il ne m’aimait pas suffisament…vu que si celà avait été le cas il serait toujours en vie.
    Mais il a une petite fille et malgré tout son amour pour sa petite fille il n’es pas resté.
    Je me pose, sans arrêt des questions: depuis quand savait il qu’il allait passer à l’acte, pourquoi n’a t’il pas laisser un écrit pour sa petite fille, pour moi, pour sa maman, pour son ex-femme ( il n’arrivait pas a se remettre de leurs séparation).
    C’est terrible de se dire de ne pas avoir été suffisament aimée… c’est terrible pour moi …mais je me dis que c’est ce que sa petite fille va se dire aussi plus tard…et c’est encore plus terrible pour elle…

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    1. Véronique D

      Bonjour, merci beacoup pour votre témoignange. J’ai essayé de vous contacter par le mél que vous avz laissé, mais il m’est revenu avec une erreur de messagerie… Si vous repassez ici, et que vous souhaitez entrer en contact, vous pouvez me contacter sur ma messagerie : vdujardin@aol.com

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  11. Yvelise

    Bonjour,
    Moi, c’est ma meilleure amie qui s’est suicidée le 10 mars 2008 en laissant un petit garçon de 7 ans et un compagnon… Ce qui est difficile pour moi, c’est de me dire à quel point elle a dû avoir mal pour en arriver là… De plus j’habite loin de chez elle, j’aurais voulu créer un lien avec son fils qui est retourné vivre chez son père…
    Bref, Karine me manque, son amitié, sa pêche, son humour, son assurance, tout me manque d’elle… Et encore, je vais bien, j’espère juste que son fils le vivra du mieux possible…
    Bon courage à toi.
    Bises…

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  12. sylvie

    Bonjour,
    J’ai souvent eu l’envie d’ouvrir un blog à ce propos mais l’idée de voir arriver tous ces témoignages me terrorisaient, comment gérer vous cela? cela vous aide-t’il? c’est un amie qui vient de me donner ce lien et je ne pensais pas me retrouver devant cette réalité que j’ai évidemment vécue. Je peux dire que j’ai été sauvée par le psychotérapeute qui a insisté à continuer de me suivre après avoir suivi mon mari. C’était aussi important pour lui. J’étais à mille lieux de savoir quel chemin j’allais devoir faire…si vous allez sur mon blog vous ne verrez aucune trace de tout cela il m’a surtout servi à ne pas être seule durant ces longs mois où je n’ai pu et je ne peux encore travailler.
    Une chose importante et ce sur quoi vous travaillez aussi: faire des projets envers et contre tout!!!
    Quelque chose me touche beaucoup c’est de découvrir  que votre papa est artiste et comme, mon père l’était aussi et il me manque aussi. les deux décès sont venus s’entrechoquer…
    j’ai deux enfants et cela fait bientôt 8 ans que nous vivons avec cela mais ils ont bien compris qu’avant tout si leur papa est parti ainsi c’est qu’il souffrait trop et depuis trop longtemps, je pense que l’acceptation a été plus facile ainsi et c’est vrai!
    Serrez vous les coudes avec votre papa, faites clan pour vous protéger tant que vous êtes tous les deux fragiles
    Patienza me dit ma belle mère Italienne

    Répondre
  13. sylvie

    Bonjour,
    J’ai souvent eu l’envie d’ouvrir un blog à ce propos mais l’idée de voir arriver tous ces témoignages me terrorisaient, comment gérer vous cela? cela vous aide-t’il? c’est un amie qui vient de me donner ce lien et je ne pensais pas me retrouver devant cette réalité que j’ai évidemment vécue. Je peux dire que j’ai été sauvée par le psychotérapeute qui a insisté à continuer de me suivre après avoir suivi mon mari. C’était aussi important pour lui. J’étais à mille lieux de savoir quel chemin j’allais devoir faire…si vous allez sur mon blog vous ne verrez aucune trace de tout cela il m’a surtout servi à ne pas être seule durant ces longs mois où je n’ai pu et je ne peux encore travailler.
    Une chose importante et ce sur quoi vous travaillez aussi: faire des projets envers et contre tout!!!
    Quelque chose me touche beaucoup c’est de découvrir  que votre papa est artiste et comme, mon père l’était aussi et il me manque aussi. les deux décès sont venus s’entrechoquer…
    j’ai deux enfants et cela fait bientôt 8 ans que nous vivons avec cela mais ils ont bien compris qu’avant tout si leur papa est parti ainsi c’est qu’il souffrait trop et depuis trop longtemps, je pense que l’acceptation a été plus facile ainsi et c’est vrai!
    Serrez vous les coudes avec votre papa, faites clan pour vous protéger tant que vous êtes tous les deux fragiles
    Patienza me dit ma belle mère Italienne

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    1. Véronique D

      Merci beaucoup pour votre commentaire, je vais venir voir votre blog… Je suis retournée travailler une semaine après le suicide de maman, mes collègues m’ont beaucoup aiddé, ainsi que mon ancien chef de service, en prenant une bonne partie de mon travail à leur charge. J’étais alors dans le bouclage de deux livres dont je suis co-auteure pour le boulot, et ces tâches précises à réaliser (circuit de relecture, travail avec le graphiste, etc.) m’ont aussi aidé à garder prise avec la réalité. Mais j’ai toujours beaucoup de difficulté pour répondre au téléphone s’il sonne lorsque je pars travailler, comme lors de l’annonce. Bon courage à vous aussi!

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