Le Grand-Rond à Toulouse (5) : Auguste Fourès par Paul Ducuing

Le Grand-Rond à Toulouse, monument à Auguste Fourès par Paul Ducuing, carte postale ancienne Aujourd’hui, je vous présente une autre œuvre de Paul Ducuing (1867-1949) qui se trouvait aussi dans le Grand-Rond à Toulouse (revoir ici le monument à Clémence Izaure ou les gloires de Toulouse). J’ai pu retrouver sa trace, hélas, dans le n° 5 (septembre-octobre 2008) d’Arcanes, la revue des archives municipales de Toulouse (à retrouver ici). Elle a été, comme beaucoup d’autres bronzes toulousains (même Jaurès a failli y passer, sa tête fut sauvée, je vous en reparlerai…) et de toute la France, fondue suite aux lois de 19421/1942 (voir en fin d’article). Je ne sais pas si l’original, en plâtre ou en terre, qui a permis de réaliser ce groupe sculpté a survécu, si quelqu’un a l’information, je suis preneuse pour compléter cet article (en mentionnant la source, bien entendu).

Le Grand-Rond à Toulouse, monument à Auguste Fourès par Paul Ducuing, carte postale ancienne colorisée Le monument avait été réalisé par Paul Ducuing en 1898. L’original aurait été réalisé en terre cuite. Cette vue colorisée vous montre bien le buste du poète Auguste Fourès, placé sur un piédestal, devant lequel se tient une femme, représentation allégorique de la poésie romane rajeunie. Auguste Fourès est en effet l’un des rénovateurs de la langue d’oc présentée comme la langue des troubadours. Il participa activement à la restauration des jeux Floraux de Toulouse, dont je vous ai parlé à propos de la fontaine Belle-Paule.

Le Grand-Rond à Toulouse, monument à Auguste Fourès par Paul Ducuing, vu de profil, carte postale ancienne De profil, vous voyez mieux que la figure de l’allégorie prend finalement plus de place que le buste qu’elle est censée honorer. Mais qui fut Auguste Fourès ? Le père du cassoulet de Castelnaudary (Aude) par ce texte de 1911 qui retranscrirait un texte du milieu du 19e siècle ? Je vous invite plutôt à aller lire sur le site de l’université de Provence son éloge prononcé par François Tresserre à Castelnaudary le 16 mai 1926, lieu où Fourès était né le 8 avril 1848 et décédé le 4 septembre 1891 (je ne suis pas allée vérifier, c’est peut-être un tort après les déconvenues sur Pierre Amédée Brouillet).

Pour en savoir plus sur Paul Ducuing, je vous conseille la lecture de cet article, de Luce RIVET, Le sculpteur toulousain Paul Ducuing (1867-1949) : un artiste officiel sous la Troisième République, Annales du Midi, 1988 (2e trimestre), p. 181-192.

Paul Ducuing est aussi l’auteur d’au moins une allégorie de la République, sujet qui m’a intéressé professionnellement il y a quelque temps, sous la forme d’une Victoire dominant un soldat à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), que vous pouvez découvrir sur ce site.

Pour information, suite à de nombreux actes de vandalisme, la ville de Toulouse a remplacé la plupart de ses statues dans les lieux publics par des copies, et mis à l’abri les originaux… quand ils n’ont pas été détruits avant.

Les autres articles sur le Grand-Rond : le jardin et le kiosque (avec cartes postales anciennes) ; la chienne et la louve de Rouillard, le monument à Clémence Izaure ou les gloires de Toulouse (détruit).

Post-scriptum : j’ai oublié de préciser… Cette statue là n’existe plus. Elle a très probablement été fondue suite à la loi du 11 octobre 1941 et aux instructions de 1942, qui ordonnaient la fonte des monuments en bronze à l’exception des monuments aux morts, des saints, des saintes, des rois et des reines…

9 réflexions au sujet de « Le Grand-Rond à Toulouse (5) : Auguste Fourès par Paul Ducuing »

  1. missclob

    hello véro !!!!!

    J rete sans voix devant mon ignorance sur cette ville chef  lieu de la region où je réside ! mais il est bon d’apprendre à tout âge ! je vais demain sur toulouse fureter en ville …  je pense voir certains monuments d’un autre oeil grâce à toi ! merci

    bon retour !

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  2. Jean Cabane

    Bonjour,

    J’ai lu votre article avec beaucoup d’intérêt parce que je suis très intéressé par tout ce qui concerne notre rapport à la dégradation de la culture occitane. Il semble manquer une partie du passage suivant, je suppose qu’il s’agit de déclarer la statue perdue ou détruite :

    « Elle a été, comme beaucoup d’autres bronzes toulousains (même Jaurès a failli y passer, sa tête fut sauvée, je vous en reparlerai…). Je ne sais pas si l’original, en plâtre ou en terre, qui a permis de réaliser ce groupe sculpté a survécu, si quelqu’un a l’information, je suis preneuse pour compléter cet article (en mentionnant la source, bien entendu). »

    Pourriez-vous me le confirmer ?

    Avec mes remerciements.

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    1. Véronique D

      cela n’a rien à voir avec la destruction de la culture occitane. C’est une loi de Vichy qui a ordonné de fondre tous les bronzes en 1942, sauf les monuments aux morts de 14-18. cela a concerné toute la France. Dans quelques villes, les élus en ont sauvé en les mettant à l’abri (c’était passible de peine de mort, c’est le cas pour la tête de Jaurès à Toulouse, pas le reste de la statue). Quand les plâtres préparatoires étaient conservés, les oeuvres ont pu être refondues après 1945. Par ailleurs, bcp de statues dans les villes font ajd l’objet de vandalisme et de vols: les villes mettent alors des copies dans l’espace public et les originaux à l’abri au musée. A Toulouse, il ne reste quasiment aucun orginal dans l’espace public (même les calcaires). Pour le monument à Fourès, je n’ai pas eu le temps de vérifier en archives (ce n’est pas ma région…), mais il est quasiment certain qu’il a été fondu suite aux lois de 1942.

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