Poitiers, le portail des Augustins

Le portail de l'ancien couvent des Augustins à Poitiers Le couvent des Augustins se trouvait à l’emplacement actuel du magasin des Augustins puis du printemps (fermé depuis), place de l’hôtel-de-ville. Le couvent a été détruit en 1901 et quelques éléments, dont le portail, furent déplacés rue Victor-Hugo (au n° 9), devant ce qui est devenu le musée Rupert de Chièvres (fermé pour rénovation après infestation des bois par des petites bêtes). Je vous avais montré une première fois cet ensemble en janvier 2010, avec des photographies de 2009, avant nettoyage du portail…

Poitiers, portail des Augustins, 1, après restauration J’ai refait des photographies il y a quelques mois, le portail est passé de noir à jaune (en fait, le calcaire doit être assez blanc, mais il a reçu une finition jaunâtre, je ne sais pas pourquoi… Des travaux de restauration y sont en cours, la photographie date de l’année dernière… Ce portail est daté des années 1670 et généralement attribué au sculpteur poitevin Jean Girouard père (voir en commentaire… je n’ai pas le temps de vérifier ce qui y est dit).

Poitiers, portail des Augustins, 4 détails des guirlandes de fruits et de feuilles Je n’aime pas trop ce style avec les colonnes cannelées surchargées de guirlandes de fruits et de feuilles de laurier notamment…

Poitiers, portail des Augustins, 2, détail des chapiteaux et de l'entablement … les chapiteaux corinthiens, le décor trop chargé à mon goût de l’entablement. Dans ce style, je préfère de beaucoup la frise d’angelots   du portail de Saint-Jean-de-Montierneuf, daté de 1643/1644, soit une bonne génération plus tôt.

Poitiers, portail des Augustins, 3, assemblage du décor de l'entablement Mais je vous montre quand même les détails de cette frise, angelots, animaux monstrueux et oiseaux se mêlent dans un décor de rinceaux…

Poitiers, portail des Augustins, 5, la porte Les vantaux de la porte très décorée sont a priori en chêne, mais je n’ai pas vérifié s’il y avait eu un contrôle de l’essence et une nouvelle datation pendant la restauration.

Poitiers, portail des Augustins, 6, détail de deux panneaux sculptés de la porte

Voici le détail de deux panneaux de bois sculptés, encadrés de moulures qui portent le même décor de feuilles…
le monument reliquaire de Sainte-Victoire-Maroze à Poitiers Dans la cour (photographies de 2009) a été reconstruit le monument reliquaire de Sainte-Victoire-Maroze, provenant de l’ ancienne caserne Sainte-Catherine, un temps déposé dans la cour de la Caserne Rivaud, réédifié dans le jardin du musée de Chièvres en 1932.

le monument reliquaire de Sainte-Victoire-Maroze à Poitiers, détail de la tête d'angelot Regardez cette tête d’angelot joufflu et je trouve un peu triste…

Poitiers, l'hôtel Rupert de Chièvres, actuellement musée Au fond de la cour se trouve l’hôtel particulier de Rupert de Chièvres, léguée à la société des Antiquaires de l’Ouest en 1886. Le musée, aujourd’hui géré par la ville, est en cours de réorganisation.

14 réflexions sur « Poitiers, le portail des Augustins »

  1. Dane

    Je n’y suis jamais rentrée mais lorsque je passais devant je ne pouvais m’empêcher d’admirer ce portail. Il faudra que je fasse un tour prochainement pour voir ce que ce ton ocre donne par rapport au gris (un peu sale peut-être) de l’ancien. Un peu de nostalgie certainement.

    Bises et merci pour les photos et les explications

     

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  2. Grégory

    C’est précisément le 16 juin 1670, au conseil ordinaire tenu en la maison commune, qu’était présenté le projet de construction :

    « Monsieur le maire a dit que les Pères Augustins (…) demandent permission d’avancer sur la rue environ de trois pieds le nouveau portail qu’ils ont dessein de faire construire dans le maître pignon de leur église, ce qui sera un grand ornement au Marché Vieux et une belle décoration pour la ville. » (registre 120, p. 161-162, cité p. 21 du catalogue Un Louvre pour Poitiers).

    L’exécution ne tarda probablement pas. Son attribution traditionnelle à Girouard repose sur la comparaison avec le décor du portail de l’ancienne Juridiction consulaire, élevé au milieu des années 1680 et aujourd’hui détruit, mais dont une gravure reproduite ici garde mémoire : voir l’actualité Poitou-Carentes n° 91

    Or Girouard n’est pas l’auteur de ce décor, réalisé par un sculpteur ornemaniste : seules les figures furent commandées au statuaire, le 24 mai 1686. En mars marché de construction avait déjà été passé avec l’entrepreneur Jean Belet, tenu d’exécuter les sculptures d’après le dessin qui lui a été remis, sauf, précisément, les « figures du roi et celles de la justice et de la prudence, dont il sera [seulement] tenu de monter les pierres (…) », destinées à être taillées par Jean Girouard (marchés cités par P. Rambaud, BSAO 1924, p. 664-665).

    Le jeune sculpteur avait vingt-cinq ans lorsqu’il tailla ces rondes-bosses, aujourd’hui exposées dans le hall du musée Sainte-Croix.

    Tu as raison de faire remarquer que le ton des belles pierres blanches du Poitou a été dénaturé par le badigeon ocre.

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    1. Véronique D

      Attention aux mots que tu emploies… ce portail n’est pas dénaturé! Un badigeon, c’est réversible! Et la couleur est peut-être celle mise dans le permis, il y a peut-être un problème de palette dans les tons retenus dans le règlement d’urbanisme, ou bien pas de contrôle de la couleur a posteriori pour vérifier si la couleur mise est celle autorisée.

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  3. danielle

    il sera à l’identique ou y a-t-il des changements prévus dans les expositions permanentes? c’est un peu amusant de voir tout cela comme en attente au musée ste croix actuellement…

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  4. Dirk

    Je vous remercie pour la bonne information. Votre site m’a aidé beaucoup dans la recherche.
    Mapper à une vieille photo du portail. Si vous êtes intéressé s’il vous plaît vous inscrire.
    Dirk

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