﻿{"id":94063,"date":"2014-12-22T12:10:00","date_gmt":"2014-12-22T11:10:00","guid":{"rendered":"http:\/\/vdujardin.com\/blog\/?p=94063"},"modified":"2014-12-19T20:26:31","modified_gmt":"2014-12-19T19:26:31","slug":"amado-capitaines-sables","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/vdujardin.com\/blog\/amado-capitaines-sables\/","title":{"rendered":"Capitaines des sables de Jorge Amado"},"content":{"rendered":"<p><em><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-94065 alignleft\" src=\"http:\/\/vdujardin.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/amado_capitaines.jpg\" alt=\"Couverture de Capitaines des sables de Jorge Amado\" width=\"195\" height=\"297\" srcset=\"http:\/\/vdujardin.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/amado_capitaines.jpg 195w, http:\/\/vdujardin.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/amado_capitaines-98x150.jpg 98w\" sizes=\"(max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/>Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est Maryse qui partage l&rsquo;une de ses lectures avec vous&#8230;<\/em><\/p>\n<p><strong>Le livre : <\/strong>Capitaines des sables, de Jorge Amado, traduit du portugais par Vanina, collection L&rsquo;Imaginaire, num\u00e9ro 141, <a title=\"\u00c9ditions Gallimard, Capitaines des sables, de Jorge Amado\" href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/L-Imaginaire\/Capitaines-des-sables\" target=\"_blank\">\u00c9ditions Gallimard<\/a>, 1984 [premi\u00e8re parution 1952], 308 pages, ISBN 9782070702374.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;auteur: <\/strong>Jorge Amado est n\u00e9 en1912 \u00e0 Ferradas, dans une plantation de cacao du sud de l&rsquo;\u00e9tat de Bahia au nord-est du Br\u00e9sil. Son enfance a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la rudesse de cette terre que les planteurs disputent. A l&rsquo;\u00e2ge de 13 ans, il fuit l&rsquo;\u00e9cole religieuse pour courir la campagne. Il part ensuite \u00e0 Rio de Janeiro et publie son premier roman \u00ab\u00a0Le pays du carnaval\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 19 ans. Un an apr\u00e8s son roman \u00ab\u00a0Cacao\u00a0\u00bb le classe parmi les \u00e9crivains les plus populaires du Br\u00e9sil. Engag\u00e9 politiquement, devenu docteur en droit en 1936, \u00e0 la veille de la dictature de l&rsquo;Estado Novo, ses livres sont interdits et il est emprisonn\u00e9. Contraint de s&rsquo;exiler en Argentine, il ne regagne son pays que lorsque celui-ci se range aux c\u00f4t\u00e9s des Alli\u00e9s de l&rsquo;Axe. Il reprend alors son activit\u00e9 politique et litt\u00e9raire et en 1945 devient membre du parti communiste. Ce parti est interdit en 1945, il doit donc \u00e0 nouveau s&rsquo;exiler et part en France o\u00f9 il c\u00f4toie Picasso, Aragon, etc&#8230; puis va en Tch\u00e9coslovaquie, en URSS. Il rentre au Br\u00e9sil en 1953 et publie de nombreux romans.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai lu plusieurs livres d&rsquo;Amado gr\u00e2ce \u00e0 un ami br\u00e9silien \u00e9tudiant \u00e0 Poitiers, dont \u00ab\u00a0Les p\u00e2tres de la nuit\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Cacao\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Bahia de tous les saints\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Gabriela, Girofle et Cannelle\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Capitaines des sables\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai choisi ce dernier titre car il fallait bien commencer par l&rsquo;un d&rsquo;entre-eux.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation du livre: <\/strong>Dans un coin abandonn\u00e9 et d\u00e9sert des entrep\u00f4ts de Bahia, grand port br\u00e9silien, vivent en marge de la soci\u00e9t\u00e9 de nombreux gamins surnomm\u00e9s les \u00ab\u00a0capitaines des sables\u00a0\u00bb. V\u00eatus de guenilles, sales, quasi affam\u00e9s, l\u00e2chant des jurons et fumant des m\u00e9gots, ils sont en v\u00e9rit\u00e9 les ma\u00eetres de la ville, ceux qui la connaissent totalement, ceux qui totalement l&rsquo;aiment, ses po\u00e8tes. Ils volent, participent \u00e0 toutes sortes de mauvais coups, et si habilement, que la police ne peut jamais les prendre sur le fait.<\/p>\n<p>Leur chef s&rsquo;appelle Pedro Bala. Ses lieutenants sont le Professeur (parce qu&rsquo;il aime lire), Patte-Molle, etc&#8230; Un jeune pr\u00eatre , l&rsquo;abb\u00e9 Jos\u00e9 Pedro, s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 eux, essaie de les ramener \u00e0 une vie meilleure. S&rsquo;il r\u00e9ussit \u00e0 se faire aimer d&rsquo;eux, il ne parvient pas \u00e0 les amender et n&rsquo;aboutit qu&rsquo;\u00e0 se faire tr\u00e8s mal voir se ses sup\u00e9rieurs. C&rsquo;est l&rsquo;existence mouvement\u00e9e, dramatique et po\u00e9tique \u00e0 la fois, de cette bande de petits chenapans qui unissent la ruse et l&rsquo;audace des hommes \u00e0 l&rsquo;innocence et au charme des enfants qu&rsquo;\u00e9voque le roman de Jorge Amado.<\/p>\n<p><strong>Mon avis: <\/strong>Tous les livres d&rsquo;Amado parlent de la mis\u00e8re des populations d\u00e9favoris\u00e9es du nord-est du Br\u00e9sil dans la r\u00e9gion de Bahia. L&rsquo;\u00e9criture est po\u00e9tique, engag\u00e9e, jamais mis\u00e9rabiliste. Au contraire, il y a toujours de l&rsquo;humour, de la fantaisie. Le style d&rsquo;Amado est tr\u00e8s diff\u00e9rent des \u00e9crivains latino-am\u00e9ricains hispaniques que je vous ferai d\u00e9couvrir. La mis\u00e8re des \u00ab\u00a0favellas\u00a0\u00bb (bidonvilles) n&#8217;emp\u00eachent pas de montrer l&rsquo;intensit\u00e9 de la vie, les anecdotes quotidiennes qui font sourire, rire et qui rendent la vie \u00ab\u00a0vivable\u00a0\u00bb&#8230; Noirceur, tristesse, mais malgr\u00e9 tout les gens font la f\u00eate, font des pieds de nez \u00e0 la vie qui ne leur fait pas de cadeaux.<br \/>\nL&rsquo;histoire commence dans l&rsquo;entrep\u00f4t o\u00f9 dorment des enfants. L&rsquo;entrep\u00f4t est vide car il n&rsquo;y a plus d&rsquo;activit\u00e9, la mer s&rsquo;est retir\u00e9e et le sable a tout envahi. Les enfants r\u00e8gnent sur cet espace o\u00f9 ils se r\u00e9fugient. Ils sont tous l\u00e0, Patte-Molle, Ch\u00e9ri-du-Bon-Dieu, Sucre-d&rsquo;Orge, le Chat, Coude-Sec, le Professeur, S&rsquo;la-Coule-Douce, des noms savoureux qui font sourire et pourtant, ils mijotent des mauvais coups, boivent, fument, parlent grossi\u00e8rement. Et l&rsquo;a\u00een\u00e9 n&rsquo;a pas 16 ans. C&rsquo;est leur chef, Pedro Bala. Il organise et programme comme un \u00ab\u00a0grand\u00a0\u00bb: aujourd&rsquo;hui il est pr\u00e9vu de voler un chapeau en feutre pour Gonzales alors il faut aller dans un endroit \u00ab\u00a0rupin\u00a0\u00bb pour en trouver. Au cin\u00e9ma par exemple. C&rsquo;est Patte-Molle qui s&rsquo;en chargera avec le Professeur qui en veut un aussi.<br \/>\nEt la police? \u00ab\u00a0Tu t&rsquo;en fais pour les flics? Si encore c&rsquo;\u00e9tait les bourres&#8230; Les gardes c&rsquo;est rien que pour jouer \u00e0 cache-cache.\u00a0\u00bb<br \/>\nL&rsquo;organisation est parfaite et si l&rsquo;un d&rsquo;entre-eux se fait surprendre il doit s&rsquo;enfuir et ne pas revenir \u00e0 l&rsquo;entrep\u00f4t.<br \/>\nLeur vie passe ainsi de rapines, et il est impossible de d\u00e9crire toutes leurs activit\u00e9s tant elles sont vari\u00e9es et multiples, violentes aussi : \u00ab\u00a0&#8230;une autre fois, il donna un coup de rasoir \u00e0 un gar\u00e7on de restaurant afin de lui voler uniquement un poulet r\u00f4ti\u00a0\u00bb. Difficile de dire qu&rsquo;il y a une histoire, car c&rsquo;est la vie, une vie quotidienne tr\u00e8s dense et dangereuse.<\/p>\n<p>Les dialogues sont pleins d&rsquo;humour, de r\u00e9alisme, de finesse. Ils sont retranscrits tels que les personnages peuvent les dire en vrai!<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0O\u00f9 a-t-on vu un gamin de cette taille parler poitrine \u00e0 une vieille ratatin\u00e9e comme moi?<br \/>\n&#8211; Ne fais pas de chichis, la tante. Tu le fais encore bien&#8230;<br \/>\n&#8211; J&rsquo;ai ferm\u00e9 la boutique [&#8230;] J&rsquo;ai pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Les personnages sont hauts en couleur, ils parlent un langage fleuri, plein de verve. Ils connaissent tout de la vie. Ils tra\u00eenent en ville et discutent entre-eux, cherchant les moyens de manger pour survivre. Ils volent, font du troc et sont les ma\u00eetres, les capitaines de la ville, ils se moquent bien de la police.<\/p>\n<p>Dans toute cette mis\u00e8re humaine, il y a Jos\u00e9 Pedro, le pr\u00eatre, qui veut aider ces enfants et sauver leur \u00e2me. Il a beaucoup de mal \u00e0 \u00eatre entendu. Certains n&rsquo;\u00e9chappent pas \u00e0 la maison de correction mais ils n&rsquo;en sortent pas gu\u00e9ris pour autant. Ils ont soif de vengeance et veulent \u00ab\u00a0tuer les soldats de la police\u00a0\u00bb. Ils s&rsquo;exilent alors quelque temps chez les Indiens Maloqueiros d&rsquo;Aracaju qui sont les \u00e9quivalents des Capitaines des sables de Bahia et reviennent plus tard \u00e0 l&rsquo;entrep\u00f4t. Les autres font de m\u00eame, c&rsquo;est un jeu de chaise musicale pour se faire oublier des autorit\u00e9s, une partie de cache-cache.<\/p>\n<p>Dans cet univers tourment\u00e9 il y a place aux sentiments, \u00e0 l&rsquo;amour, \u00e0 la tendresse, mais Amado ne s&rsquo;y attarde pas beaucoup, car eux, les gamins, les durs, ne veulent pas y donner de l&rsquo;importance, m\u00eame si&#8230;<\/p>\n<p>Histoire sans histoire mais belle histoire!<br \/>\nEt une tr\u00e8s belle rencontre avec le Br\u00e9sil.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est Maryse qui partage l&rsquo;une de ses lectures avec vous&#8230; Le livre : Capitaines des sables, de Jorge Amado, traduit du portugais par Vanina, collection L&rsquo;Imaginaire, num\u00e9ro 141, \u00c9ditions Gallimard, 1984 [premi\u00e8re parution 1952], 308 pages, ISBN 9782070702374. 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